Après la lecture commune des Trahisons de Ca’hern, l’auteure a répondu aux questions des participants et participantes. Voici donc la compilation de cette petite FAQ !
Rédaction du projet
Q – Combien de temps a-t-il fallu pour écrire cette brique ?
R – Après vérifications, moins de temps que je le pensais ! Alors !
La première note concernant ce projet remonte au 13 juillet 2020 (alors que j’étais en pleine écriture du dernier tome des Tinwë ), mais les premières idées qui se sont finalement retrouvées dans le projet datent du 31 mai 2021 ( c’est littéralement écrit « On tient quelque chose ! » sur la page en question ). J’ai commencé à écrire pendant l’été 2021, pour terminer le premier jet le 29 juin 2023 – la révision du projet a quant à elle commencé en décembre 2023. J’ai donc mis plusieurs mois après le premier jet avant de réellement « terminer » le tout. Ça donne environ deux ans et demi de travail, ce qui est un peu en bas de ma moyenne, qui est de trois ans environ !
Q – Ça représente combien de mots ?
R – Le texte fini compte environ 217 000 mots, pour 698 pages. C’est 67 000 mots de plus que le dernier tome des Tinwë.
Est-ce que je savais que ça atteindrait ces chiffres en le commençant ? Non.
Est-ce que j’ai eu peur en voyant le compteur monter ? Oui.
Ai-je des regrets ? Aucun, mais j’espère sincèrement qu’aucune de mes prochaines histoires ne déloge les Trahisons comme mon plus long récit, parce que le portefeuille pleure encore !
Q – Pourquoi avoir décidé de le faire en tome unique plutôt que de le séparer en différents tomes ?
R – Cette histoire n’est pas une trilogie et ne l’a jamais été. C’est un récit que j’ai réussi à diviser en trois sections après de longues réflexions, pour le rendre moins intimidant. Il n’y a donc pas de « fin » satisfaisante à ces sections – ce sont littéralement des « cliffhangers » – et elles sont de taille inégale. Je n’ai donc jamais considéré publier trois livres au lieu d’un seul.
Pendant un bref moment, j’ai cependant envisagé couper le livre en deux, à des fins purement pratiques, mais je n’arrivais pas à m’imaginer vendre un « tome 1 » sans le « tome 2 » – peu importe où j’aurais coupé, j’ai l’impression que ça aurait été un sacrilège – alors j’ai accepté que ça serait une brique et tout ce que ça impliquait.
Q – Y a-t-il une symbolique derrière la couverture ?
R – La base est évidente une fois qu’on a lu le livre, tout le monde vous le dira !
En gros, le logo de la couverture représente les trois personnages principaux du récit. L’arbalète représente le Prince, le marteau représente Riànn et le papillon est Kass.
Par contre, les couleurs du papillon peuvent sembler aléatoires, alors qu’elles ne le sont pas du tout – il faut en effet prendre le temps de regarder le blason de Ca’hern à la fin de l’histoire (réalisé par @isabelle.algrin.art sur Instagram ) pour comprendre ce qu’elles représentent.
Création du monde
Q – Est-ce que c’est très différent des Tinwë / de tes autres écrits ?
R – Au niveau du style, de la proximité avec les personnages, de ma manière d’écrire, non ; c’est juste l’évolution naturelle de mon style.
Au niveau de l’ambiance et de l’univers ? Oui ! C’est même un point d’honneur que je me suis fait. Dans les Tinwë, j’ai exploré les principes classiques du héros choisi, des prophéties, des divinités, des peuples divers et d’une magie aux pouvoirs très diversifiés. Pour les Trahisons, j’ai éliminé presque tous ces éléments avec la ferme intention d’aller ailleurs.
Q – Est-ce que tu avais réfléchi au préalable au worldbuilding (qui est d’ailleurs incroyable) ou est-ce que tu l’as bâti au fur et à mesure ?
R – Tout d’abord, merci !
Pour la réponse, eh bien, la majorité du worldbuilding a été faite avant l’écriture ! Comme j’anticipais que l’histoire serait plus complexe que toutes celles que j’avais rédigées à ce jour ( et je ne me suis pas trompée sur ce point ), j’ai tenté de monter mon « encyclopédie » le plus possible avant de me lancer dans le récit lui-même – les saisons, le fonctionnement de la société, l’architecture, le passé du monde, tout ça était établi avant que je pose le premier mot du texte.
Il y a malgré tous des détails qui se sont ajoutés en cours d’écriture – je ne connaissais pas l’importance des constellations avant de commencer à écrire, le nom du Phare était juste la Guilde (et il l’a été jusqu’à la fin du premier jet, en fait ), et le Phare n’avait d’ailleurs aucun Code.
Q – Comment tu crées tes cartes ( riz, pelure d’orange, etc. ) ?
R – Je n’utilise aucune des techniques mentionnées, comme je crée généralement mes cartes une fois que j’ai commencé à écrire. Je suis donc déjà immergée dans les lieux quand je dessine mes esquisses, et c’est en jouant avec les endroits importants que je raffine les formes.
Pour Ca’hern, je savais par exemple que la ville était placée sur trois îles, qu’il devait y avoir un grand parc et un espace conséquent pour le Domaine, que j’avais besoin d’espaces pour des champs, et que j’avais des archives à placer un peu partout. La création de la carte est un processus assez long, qui inclut du dessin à la main, du Paint, du Word, et beaucoup, beaucoup, beaucoup d’essais-erreurs. Mon copain m’aide aussi souvent en réinterprétant mes premiers tracés de manière plus efficace, puis je reprends ensuite ses versions améliorées pour de nouvelles rondes d’ajustements. Et c’est tout ça qui mène au brouillon final. J’envoie ensuite ce dernier à l’illustrateur, qui prend mes gribouillis et en fait de véritables œuvres d’art ( dans le cas des Trahisons, c’est @_chevalierlogan qui s’en est chargé avec brio ! )
Q – Pourquoi des belettes géantes plutôt que des créatures fantastiques classiques ou 100% inventées ?
R – Cette question, c’est la plus populaire !!
En gros, plusieurs facteurs ont mené à cette décision. Je pense que ça découle d’abord de mon désir de m’éloigner des Tinwë. Comme je savais déjà que la magie serait beaucoup moins « impressionnante » et présente que dans les Tinwë, et que je n’aurais que des humains, je me suis dit que des créatures fantastiques détonneraient trop – imaginez un instant des phénix, des dragons ou même des kelpies à Ca’hern, ça ne colle tout simplement pas. Et logiquement, la Purge aurait cherché à les éliminer aussi, donc j’ai même une explication logique à l’interne !
Comme j’avais quand même envie de donner une touche de fantasy à l’univers, l’idée d’animaux normaux, mais géants, qui serviraient de monture, s’est imposée. Je n’avais pas envie des classiques loups ou félins, alors j’ai fouillé… ailleurs. Les mustélidés étaient la deuxième famille que j’avais listée et, tout de suite, j’ai su que c’était parfait – j’avais plusieurs animaux différents et reconnaissables, mais tous liés, et j’en avais qui pouvaient être domestiqués et d’autres plus sauvages. Et des belettes et des blaireaux avec des selles, c’est juste trop mignon !
La première famille d’animaux que j’avais notée est celle que j’utilise pour mon projet en cours (pour le moment du moins), donc je ne la mentionnerai pas ici !
Q – D’où vient l’idée du système monétaire maritime ?
R – C’est le 3 juin 2021 que cette idée est arrivée ! Comme j’avais déterminé que le peuple ca’hernois était un peuple d’artisans et de commerçants, il fallait que j’établisse leur monnaie et qu’elle soit intéressante, je voulais plus que juste des « dollars ». Je savais aussi que c’était un peuple insulaire, MAIS que je ne mettrais pas beaucoup la navigation en scène, alors j’ai pensé que je pouvais montrer leur lien avec l’eau et les navires à travers leur monnaie, et ça a donné mes dunettes, coques, voiles et caravelles !
Q – Est-ce que tu as un personnage préféré dans ce roman ?
R – La question qui tue !! La réponse courte est non, parce que je suis incapable de choisir.
Mais si je dois préciser…
J’ai adoré écrire Kass (j’adore sa témérité un peu inconsciente sans être totalement irréfléchie) et le Prince (ses sous-entendus passifs-agressifs et sa détermination), mais je crois que l’histoire de Riànn est parmi les plus poignantes que j’ai écrites à ce jour. Je ne peux pas non plus ignorer Lyh, qui me faisait rire chaque fois que je le mettais en scène, Taran, un des personnages les plus loyaux que j’ai inventés, et même Garrick, que j’ai pris un malin plaisir à rendre détestable ( je pense qu’il n’y a que Nick des Navämgard qui le dépasse. )
Projets à venir
Q – Quels sont tes prochains projets / As-tu l’intention de réécrire une histoire dans l’univers de Ca’hern ?
R – Je regroupe ces deux questions, comme elles vont ensemble ! Donc ! Mon projet en cours et au moins un autre de mes projets à venir sont dans l’univers des Trahisons, oui, mais pas à Ca’hern !
J’explique.
Ca’hern est une des trois contrées du monde d’Hyonah, une des trois contrées qui ont été affectées par la Purge de la vaïh. Avec mes projets en cours et à venir, j’aimerais explorer les autres royaumes d’Hyonah, qu’on voit comment le passé, la Purge, et l’inévitable retour de la vaïh, influencent leur présent. Je n’en dirais pas plus pour le moment, sinon que mon projet en cours a le potentiel, contrairement aux Trahisons, d’être divisé en deux livres distincts, et donc, selon la taille du premier jet ( j’ai l’intention d’écrire le récit complet d’un coup – aucune date de publication prévue, désolée… ), vous aurez droit à un OU deux livres, publiés en même temps ou à très peu de temps d’intervalle.
Sinon, j’ai aussi dans mes dossiers un petit Post-it qui me rappelle que le 10e anniversaire des Chroniques de Navämgard approche et qu’il faudrait bien que je le souligne… Non, pas de tome 3, mais j’ai des idées sympas, donc on se donne rendez-vous pour ça en 2027 !